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Conséquences liées à la disparition des vautours

La disparition soudaine du système d'équarrissage naturel de l'Inde entraine forcément des conséquences et ce à divers niveaux.

Environnementales

Il y a tout d'abord, les graves contaminations des points d'eau vitaux aux villageois, car les carcasses jadis mangées par les vautours pourrissent aujourd'hui en plein air aux abor des villages. Ces milieux aquatiques contaminés peuvent être le ravitaillement en eau « potable » de plusieurs villages et un lieu de jeu pour les enfants.
Ensuite, la disparition des vautours « libèrent » la place d'équarisseurs à d'autres espèces comme le chien errant et le rat. Mais ces nouveaux équarisseurs ne sont pas aussi efficaces que les vautours. En effet le métabolisme des vautours est un réel « cul-de-sac » pour tous les éléments pathogènes, alors que celui du chien et du rat ne détruit pas ces éléments, et donc, en devient porteur.
L'Inde compte aujourd'hui 18 millions de chiens errants soit la population de carnivore la plus importante dans le monde.

Sanitaires

Ces chiens errants porteurs de maladies (rage, anthrax, peste, etc.) attrapées sur les carcasses putréfiées se promènent librement dans les villages et les villes ; conséquence directe et indirecte de la mort de milliers de personnes. Aujourd'hui, en Inde 30 000 indiens meurent de la rage chaque année soit plus que de la moitié de tous les cas à l'échelle mondiale. Une personne est mordue toutes les 2 secondes et une meurt de la rage toutes les 30 minutes. 70% des victimes sont des enfants de moins de 15 ans.

Economiques

Les soins contre ces maladies entrainent évidement des coûts énormes pour l'état et le peuple indien. Environ 500 000 indiens sont traités contre la rage par an, au prix de 1500 roupies par personne sachant que le salaire minimum en Inde est de 120 roupies par mois. Les gens pauvres n'ont donc pas accès à ces soins, et pourtant ce sont eux qui sont les plus touchés. D'après une étude menée par M.K.Sudarshan en 2007 les traitements pour soigner les indiens mordus ont couté à l'Inde 25 millions de dollars.
A ces coûts énormes s'ajoute la gestion des chiens errants vecteurs de ces maladies. Au début ils étaient tués sans restriction, mais sous la pression d'organismes pour la défense des droits des animaux ces méthodes ont du cesser. La nouvelle solution proposée est donc de vacciner et de stériliser les chiens errants, le coût est énorme.

Chiens errants dans les rues de Dehli

Chiens sauvagesCe sont les femelles qui doivent être stérilisées car un seul mâle non-castré peut s'accoupler avec plusieurs femelles donnant ainsi naissance à des centaines de chiots (une femelle peut avoir jusqu'à 20 chiots par an). La mise en place de ces actions comporte de nombreuses difficultés : manque de matériel, de personnel, capture compliquée des animaux, etc.
Néanmoins ces stérilisations sont pour le moment nécessaires car si les chiens venaient à disparaitre ce serait d'autres équarisseurs indésirables qui prendraient leur place (singe, chat, etc.) et tout serait à refaire...
Si on tient compte du coût des traitements des personnes mordues et des frais liés à la gestion des chiens errants, des chercheurs ont prouvé que la disparition des vautours a couté à l'Inde la somme de 34 milliards de dollars américains !

Culturelles

Tour du silence BombaySi les conséquences sanitaires, écologiques, et économiques sont importantes, l'impact culturel n'en reste pas moins majeur.
La culture pârsîs croit que la Terre, le Feu et l'Eau sont des éléments sacrés et que toute crémation ou enterrement est une souillure. Pour accéder au Ciel, ce sont les vautours qui jouent le rôle de lien avec la Terre lors du décès d'un Pârsîs. Le corps du défunt est donc déposé sur une « Tour du Silence », où il sera consommé par les vautours libérant ainsi son âme. Les 82 000 Pârsîs indiens privés de leurs émissaires célestes ce voient obligés de délaisser leur antique coutume pour des questions d'hygiènes car les corps mettent maintenant 6 mois à disparaitre. Cette communauté vieillit et décroit en Inde, et on peut souhaiter que les Pârsîs ne subissent pas un sort analogue à celui des vautours.